Née à Harbin, au nord-est de la Chine, en 1977, Yao Wei – qui signe fréquemment sous le pseudonyme Mint – est diplômée d’une école de publicité et formée au dessin animé. Ses récits délicats et toujours teintés de poésie ont été récompensés en Chine par plusieurs prix. Tombée amoureuse de la France, elle partage maintenant son temps entre Beijing et Paris.

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A propos du livre

 

Le titre Fleurs en suspens est un nom original, comment l’avez-vous trouvé ? Est-ce qu’il a une signification particulière ?

YAO WEI : Fleurs en suspens est mon premier ouvrage depuis que j’ai quitté la Chine. À l’époque, je menais une vie tranquille, voire même oisive ; c’est grâce aux encouragements de mon éditeur et de Ji Di* que j’ai eu le courage de recommencer à chercher des sujets. Il y avait un moment que je voulais abandonner ce projet, car je n’aime pas les intrigues intenses, et mes créations manquent souvent d’intensité dramatique. « Au contraire ! » soutenaient mon éditeur et Ji Di, « C’est ton propre style ». C’est vrai, c’est peut-être mon attitude de vie. Un jour, je marchais dans la rue du Chevalier-de-La-Barre, plongée dans mes pensées, quand j’ai vu des lumières flottantes dans l’air, comme des fleurs en suspens, et l’idée de créer cette histoire a soudainement germé dans ma tête. Le nom du livre m’est donc venu tout naturellement.

Dans ce livre, il y a trois personnages principaux : Mudan, Sakura et Adrien. Ces personnes existent-elles vraiment ?

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Ce sont des personnages que j’ai créés. J’ai rencontré beaucoup d’étrangers durant mes cours de langue, ils sont toujours très intéressants. Ces trois protagonistes sont en quelque sorte les résumés de toutes les personnes que je connaissais. Mudan me ressemble beaucoup, bien sûr.

Cette bande dessinée met en scène le choc culturel entre des jeunes gens qui viennent de différents pays. Vous avez passé presque la moitié de votre vie en France, que pensez-vous de ce choc culturel ?

Quand on vit dans un pays où on ne maîtrise pas la langue, les malentendus sont parfois inévitables ! Comme le disait Confucius, « Les hommes à la naissance naturellement sont bons et naturellement tous semblables. Ils diffèrent par les habitudes qu’ils contractent. » Il faut savoir être tolérant, et si vous ne pouvez pas éviter les malentendus, vous devez donc essayer de voir les choses du bon côté. Mener une vie optimiste est en quelque sorte une pratique spirituelle !

Fleurs en suspens se termine par une ouverture, est-ce que cela veut dire qu’il y aura un deuxième livre ?

Le cas échéant, quelle histoire allez-vous raconter ? Presque toutes les histoires que j’ai dessinées se terminent par une ouverture, à tel point que certains lecteurs pensent que ces livres n’ont pas de fin. C’est peut-être à cause de mon caractère, je n’aime pas donner une définition à quelque chose. C’est comme quand on croise un ami, qu’on se promène ensemble, et qu’ensuite on se dit au revoir à un croisement : sa vie continue, ma vie aussi. Si l’on se recroisera un jour ou pas, je ne peux pas le prédire.

Est-ce que vous avez de nouveaux objectifs par rapport à votre création ?

Continuer à bien vivre et continuer à aller de l’avant…

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Les petites choses

 

L’apparence

J’ai trouvé l’apparence des deux filles dès le début de ma création. Sakura ressemble à une fille japonaise de ma classe. Concernant Adrien, ça a été un peu plus difficile, car ma première proposition n’a pas plu à l’éditeur chinois, qui ne le trouvait pas beau. Du moins, ce n’était pas ce genre d’éphèbe qui fait rêver la plupart des filles. J’étais très embêtée, car pour moi l’apparence n’est jamais le plus important, je préfère plutôt les garçons qui ont du caractère.

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Astuces de Tiu

J’ai créé la poupée de Tiu pendant mon temps libre en France. Au départ, je voulais faire une fille avec des bois de cerf, mais au final, chaque fois que je la montrais, les gens me demandaient si c’était un cerf ou un lapin.

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Comme cette histoire se déroule en France, et que la plupart des lecteurs chinois ne connaissent pas ses coutumes et sa culture, j’ai décidé d’en profiter pour expliquer comment est la vie dans ce pays. Tiu m’a accompagnée souvent dans mes voyages, c’est pour cela que j’ai décidé de la choisir pour vous présenter l’Hexagone et sa culture.

Technique

Peu de temps avant la date butoir pour terminer ce livre, j’étais encore à la recherche de la technique parfaite pour faire les dessins. Finalement, j’ai utilisé un logiciel gratuit qui s’appelle Corel Painter Sketch Pad pour les croquis et j’ai fait ensuite la mise en couleur avec Photoshop.

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Cela m’a évité de dessiner sur plein de feuilles, ce qui est très pratique pour moi car je voyageais souvent, à l’époque. Mais j’adore toujours dessiner sur papier, ça reste pour moi un moment particulier. Personnellement, je n’aime pas mélanger les deux techniques.

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Une jeune Chinoise s’installe à Paris et, dans cette ville nouvelle, elle se retrouve confrontée à une culture qui lui est étrangère. Accompagnée de deux amis, l’un Français et l’autre Japonaise, elle va découvrir la ville lumière, la ville des arts et de l’amour, qui deviendra alors le décor paisible d’une réflexion sur les différences, sur la vie et la jeunesse.
Yao Wei nous propose un roman graphique sensible, métissé et contemplatif, inspiré de sa propre expérience de son arrivée en France.

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